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et c'est vrai que je peins dix heures par jour deux cent cinquante jours par an. La centaine de jours inemployés est impartie aux errements, à la détresse, à la recherche obstinée d'une "conscience d'être" brusquement égarée, sans laquelle plus rien n'est possible, surtout pas l'élaboration passionnée et souvent hasardeuse de ces sortes de miroirs appelés œuvres d'art.

C'est un postulat que tout homme lucide peut se reconnaître dans ses pensées et actions, lesquelles renvoient à leur auteur comme un miroir, une image de sa personne le révélant à lui-même. A cet égard, l'œuvre d'art est exemplaire : miroir pour son auteur, elle a pour faculté supplémentaire la révélation discrète, mais sûre de la création tout entière.
Les jours sans grâce sont de ténèbres. Ils rappellent constamment, à l'instar de l'auteur de l'Ecclésiaste, que tout est poussière et retourne à la poussière. Cette réalité submerge, telle quelle, toute joie et toute espérance. Mais à y regarder de plus près, cette réalité en cache une autre, axiomatique : cette poussière cosmique, plus ou moins coagulée, organisée en matières diversifiées porte, intimement lié à elle, l'esprit de l'univers. Docile et amicale, cette divine émulsion peut être détournée, séparée, diabolisée. Mais, saisie dans son unité obvie, elle rend la "conscience d'être" qui engendre la joie et coule ainsi enrichie, pour ainsi dire comme un fleuve incandescent vers une destinée magnifiée, une nouvelle forme de la Création.

C'est elle, par excellence, la matière aux parfums de terre et de ciel dont se servent ces imitateurs ingénus et confiants que sont les artistes et auxquels, j'en suis sûr, Dieu accorde son sourire et sa tendresse."
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Outrage à Jesus Roi - Prédelle 12
Association les amis de l’église Saint-Hugues-de-Chartreuse